Nouvelle étude en ligne : Ecologie de la blogopole

La carte statique de la blogopole permet d'avoir une vue synthétique des 1300 sites de la blogopole sans passer par notre interface FLASH à deux niveaux. Le forum e-gov du 20 octobre dernier avait été l'occasion pour nous de présenter cette cartographie. Nous vous proposons dans notre section études une visite guidée de cette carte qui supporte d'ailleurs particulièrement bien une impression grand format (pour ceux qui ont les moyens...). Bonne lecture!

BonVote s'essaye à la cartographie

Excellent travail de Thierry Crouzet sur son blog Le peuple des connecteurs qui propose à partir de la base de sites politique BonVote -qui est assurément la plus complète aujourd'hui disponible sur le web- une représentation cartographique dans la lignée de la vue générale de notre blogopole.

C'est évidemment dans la comparaison de nos deux cartes que se trouve l'intérêt.

En premier lieu, nous voyons que le palmarès établi par la blogopole au 17 octobre dernier est ici remis en cause. L'UDF se positionne troisième parti de gouvernement derrière le PS et l'UMP. Cette différence résulte de deux approches méthodologiques complémentaires. BonVote prend en compte la totalité des sites présents dans sa base puis mesure l'influence de ces sites en fonction de différents indicateurs fournis par les moteurs de recherche (Technorati et Google) et mesurant leur activité (dynamisme éditorial). Côté RTGI et blogopole, nous ne prenons comme seul critère discriminant que les hyperliens externes des sites. Pour qu'un site soit intégré à la cartographie, il doit être reconnu par ses pairs autrement dit recevoir des liens d'autres sites explorés par nos robots. Une fois qu'un site a passé cette contrainte, nous ne le pondérons ni ne mesurons son influence autrement que par sa valeur d'autorité, c'est à dire par le compte des hyperliens qu'il reçoit d'autres blogs de la carte. Cela a pour conséquence d'éliminer un nombre important de sites au sein de chaque parti, sites orphelins non implantés dans une géographie de l'information.

Le second constat qui saute aux yeux, c'est la présence dans la carte de BonVote de deux importantes sphères "Indépendants" et "Freemen" qui talonnent en diamètre PS et UMP. Nous nous situons là dans la sphère de ce que Thierry Crouzet nomme le 5ème pouvoir, un pouvoir non encarté mais assurément politisé qui selon la thèse de l'auteur pèse de plus en plus sur la vie politique et vient déranger le pouvoir établi (les trois pouvoirs étatiques, législatif, exécutif, judiciaire et le pouvoir médiatique). Ce "cinquième pouvoir" n'est pour le moment pas représenté sur la blogopole car le parti-pris méthodologique initial de l'observatoire des présidentielles était de représenter le terrain de bataille occupé par les armées numériques des prétendants à l'Elysée. Une telle restriction est évidemment discutable d'un point de vue politique-sociologique-idéologique mais elle était aussi dictée par des contraintes techniques et méthodologiques qui ont amené l'observatoire à avancer rigoureusement et à élargir progressivement le spectre de son exploration. Un premier pas a été franchi en intégrant un échantillon de "commentateurs et analystes" qui demande à être grandement amélioré, un second en offrant un accès exhaustif au corpus, la suite logique de notre travail étant de compléter la galaxie des sites fortement politisés mais non obligatoirement rattachés à un parti politique.

Pour avancer sur cette voie, nous comptons sur un partenariat avec BonVote, partenariat qui sera bientôt visible sur l'observatoire à travers la nouvelle version de la blogopole à venir (nous espérons avant février 2007).

L'observatoire partenaire de TNS Sofres

TNS Sofres lance son site dédié à l'élection présidentielle de 2007 et c'est à nous qu'ils ont fait appel pour rendre compte de l'impact médiatique des différents présidentiables sur le Web. C'est donc un µtendançologue adapté à leur propre liste des présidentiables que nous leur avons proposé.

Le site complet a pour objectif d'observer et comprendre l'évolution de l'opinion tout au long de la campagne électorale. Pour cela, TNS Sofres a rendu accessible l'ensemble de ses études publiées pour les présidentielles depuis 1969 ; offrira chaque semaine des décryptages de la campagne avec des chercheurs, politologues et spécialistes de élections et complètera ses sondages par des mesures d'impact médiatique (UBM de TNS Media Intelligence pour les médias traditionnels et µtendançologue RTGI pour le web).

Souhaitons qu'il connaisse rapidement une importante audience et participe du regain d'intérêt pour la chose politique en France.

La chasse au "off"

A l'heure d'Internet, nombre de contenus "user generated" se retrouvent fortement médiatisés et concurrencent l'information produite par les médias traditionnels. Ce constat prend une tournure toute particulière lorsqu'il s'agit d'une campagne politique et que ces contenus "user generated" sont en fait le résultat d'une chasse au "off" qui pourrait ternir l'image d'un adversaire ; activité que les américains nomment plus généralement "opposition research". En août dernier l'affaire George Allen avait fait grand bruit de l'autre côté de l'atlantique.

Ces campagnes de dénigrement, grandement facilitées par le succès des sites de partage de vidéo et la forte porosité des blogs à ce type de contenus viraux, fait aujourd'hui dire à nombre d'experts en communication politique, que le "off" est voué à disparaitre et que tout homme politique en campagne devra en permanence contrôler, surveiller, lisser ses paroles et ses gestes.

L'exercice du "off", à l'ère des médias traditionnels, était balisé par un tacite consensus entre journalistes et politiques : ces derniers profitent de cet espace de respiration pour lâcher petites phrases et messages chocs, les premiers acceptent les termes de cette trêve de la plume pour obtenir confidences et une plus grande proximité avec le politique. Quiconque circonvenait à la règle se retrouvait mis au ban de l'exercice. A la différence du journaliste, un citoyen qui produit un contenu médiatisé est anonyme, pluriel et interchangeable, il n'a pas à se soucier de respecter la règle du "off", s'il est repéré et "écarté", un autre prendra sa place.

Aujourd'hui cette information créée hors des chaînes de production médiatique traditionnelles peut avoir un véritable impact. A cela deux explications :

  • leurs producteurs anonymes possèdent des outils d'une puissance analogue à ceux des journaliste pour la production de cette information (appareils photo numérique, caméra numérique, enregistreurs numériques, logiciels de montage et d'édition)
  • ceux qui instrumentent ces contenus peuvent user de moyens de diffusion dont l'impact peut égaler et parfois supplanter les moyens de diffusion des médias traditionnels (la vidéo de ségolène royal sur les 35 heures au collège en étant postée sur dailymotion a été, 24 heures durant, la requête la plus demandée sur technorati au niveau mondial!).

C'est le rôle de facteur limitant des dispositifs technologiques de diffusion de l'information qui disparaît à l'heure à laquelle le web devient le medium intégrateur par excellence par lequel transite tout message et pouvant être utilisé à cette fin par un cercle beaucoup plus large que celui historique des journalistes de radio-presse-television.

Une nouvelle carte du web Européen

A l'occasion de la sortie de notre seconde cartographie du web européen pour touteleurope.fr, Touteleurope nous met à l'honneur en une de son portail et publie pour accompagner la cartographie un entretien avec votre serviteur qui a conduit cette mission.

A noter que cette carte européenne est accessible en version dynamique navigable et en version statique imprimable. Version statique que nous avons pu voir en 1 mètre 50 par 1 mètre ce qui, pour les amoureux des cartes que nous sommes, fut un véritable bonheur!

Le µtendançologue se µscle

Nous continuons à vous distiller à fréquence aussi régulière que possible des nouveautés et améliorations de l'observatoire. C'est le µtendançologue qui cette semaine en profite avec la mise en ligne d'une nouvelle version assurément plus belliqueuse. En effet, le µtendançologue autorise dorénavant l'affichage de deux courbes simultanément et permet ainsi d'organiser de sauvages duels que vous pourrez mettre en scène sur votre blog.

Pour ceux qui utilisent déjà un µtendançologue, ne vous inquiétez pas, l'outil est bien élevé et se mettra tout seul à jour. Nous prévenons tout de même les plus rigoureux d'entre vous que ce nouveau µtendançologue ne fait plus 266px de haut mais 290 ce qui pourrait avoir quelques répercussions sur la mise en page de votre blog.

L'annonce de la mise en ligne de ce nouveau µtendançologue est l'occasion de faire un petit bilan sur le succès (tout relatif ne nous emballons pas!) de ce petit outil : depuis le 12 novembre plus de 20 µtendançologues installés de ci de là sur le Web et un rythme qui commence à s'accélérer. En vrac quelques uns de ceux qui ont adopté un µtendançologue : www.universmedias.com, lesjeuneslibres.hautetfort.com, www.guim.fr, synapsezone.free.fr (les sélectionnés sont tout simplement ceux qui nous ont apporté le plus de trafic...).